
Une enquete révèle que la majorité des femmes à Kananga chef lieu de la province du Kasai-Central ne manifestent pas des gémissements et ne recourent pendant pas aux expressions sonores pendant les rapports intimes.
Une enquête exclusive menée du 5 au 14 juillet 2023 par nos journalistes a dévoilé une statistique surprenante de 80% des femmes interrogées, soit 20 femmes sur 5 qui n’expriment pas des gémissements lors des rapports sexuels. Cette révélation a suscité des questionnements sur les habitudes et les attentes en matière de plaisir sexuel dans cette partie de la RDC.

L’enquête, menée auprès d’un échantillon représentatif de femmes agées de 18 à 45 ans a recueilli des témoignages anonymes et variés. Les résultats ont montré que la plupart des femmes préfèrent garder leur silence pendant l’acte sexuel, chose en contradiction avec certaines représentations courantes dans la société.
Les raisons derrière cette tendance sont multiples selon nos entretiens avec des experts en santé et des psychologues spécialisés dans la sexualité. Certains soulignent l’influence de la pudeur et des normes culturelles qui contraignent les femmes à ne pas exiger les rapports sexuels à leurs maris sous prétexte qu’elles seront traitées des mœurs légères d’un côté, et de l’autre, ces mœurs exigent aux femmes de se taire pendant les moments intimes. À côté de ceci, plusieurs hommes à Kananga n’ont pas besoin d’obtenir le consentement de leurs femmes avant de passer l’acte sexuel et nombreux y vont en mano militaro. Les autres psychologues évoquent quant à eux certains éléments comme par exemple l’absence de la préparation morale et psychologique (des préliminaires), des violences conjugales, la monotonie etc.

D’où la nécessité de renforcer l’éducation sexuelle pour permettre aux femmes de mieux exprimer leurs désirs et de se sentir à l’aise dans leurs corps.
« Cette enquête met en lumière un sujet considéré comme tabou et montre l’importance de promouvoir une communication ouverte et bienveillante autour de la sexualité », déclare Anne-Marie Mukendi, médecin psychologue clinicienne.
Et de poursuivre » Il est cruciale de briser les stéréotypes et de créer un espace où les femmes peuvent exprimer leurs besoins et leurs désirs sans crainte de jugement ou de honte. »

Malgré ces résultats, il est important de souligner que le plaisir féminin ne se résume pas aux gémissements. Chaque personne a une manière unique de vivre et d’exprimer sa sexualité. L’enquête met en évidence la nécessité de respecter les préférences individuelles et de promouvoir une approche consentante et respectueuse des rapports intimes.
Cette étude ouvre ainsi le débat sur la représentation de la sexualité féminine dans la société et promeut cependant une réflexion sur l’importance de l’autonomisation sexuelle des femmes.
Il est essentiel de sensibiliser sur ces questions et de créer des espaces des discussions et d’échanges d’expériences entre les couples afin d’améliorer la sexualité à Kananga, briser les tabous et faire évoluer les mentalités.
PM✍️


